ARTGANG X JAMEL SHABAZZ : LOVE IS THE ANSWER

** Publication originale : Alex Contri de Watup TV **

Invités par la galerie Artgang à venir découvrir le travail de Jamel Shabazz, le dimanche 19 février dernier, les équipes de Watup pensaient assister à une compilation de portraits de B-boys et Fly-girls, dans le New-York des années 80. Nous étions bien loin du compte…

Ainsi, l’exposition s’est transformée en une conférence de 2h30, animée par l’artiste lui même. Sur fond de diaporama diffusant les photographies fortes des années 60, 70 et 80, Jamel Shabazz est revenu sur ses influences, son environnement, ses fréquentations, mais également sur les aspects tragiques de sa vie qui ont forgé sa personnalité.

Inspiré, très jeune par la lecture d’ouvrages sociologiques traitant de la condition de l’homme noir dans la société américaine d’alors, le jeune Jamel affine son esprit et se forge sa propre opinion. Il décrira avoir la vision de son père, lui même photographe, et l’altruisme de sa mère, alors infirmière. Fruit de ces deux composantes, Jamel se dirigera tout naturellement vers la photographie…

Nous allons tenter de retranscrire les propos de Jamel Shabazz, et d’expliquer au travers de l’histoire de sa communauté, les conséquences sur son travail de photographe.

Né à Brooklyn en 1960, le jeune Jamel est témoin de la ségrégation, et du sort réservé aux afro-américains de son temps. Très jeune, il s’interroge sur les mots « racisme », « nègre »,  « lynchage », qui font alors la Une des média de l’époque. Certaines cartes postales alors en vente dans les kiosques représentent des noirs lacérés, pendus, brûlés ; certaines boutiques sont réservées aux blancs seulement. Nous sommes dans les États-Unis des années 60.

Dans son quartier de Brooklyn, se mélangent descendants d’esclaves et caribéens.  L’environnement est pauvre, simple, et difficile, mais la violence n’est pas omniprésente. Chaque quartier possède ses bandes, comme les  « Jokers », les « Bishops » ou les « Barons » qui sont en réalité des groupes de gamins désoeuvrés qui jouent et s’amusent avec les moyens mis à leur disposition, c’est à dire pas grand chose. La délinquance existe mais se résume la plupart du temps à de petites bagarres ou des larcins sans envergure.

En 1964, en pleine guerre du Viêt Nam, le nouveau président Lyndon Johnson décide de renforcer la présence américaine dans le conflit. Jamel Shabazz nous explique que bon nombre de jeunes de son quartier sont alors approchés et enrôlés par l’armée américaine. Le recrutement intensif se fera pendant presque 10 ans. En 1975, le jeune Jamel Shabazz alors âgé de 15 ans, se désolera de ne plus jamais voir certains visages familiers de son quartier revenir. Il décrit des familles éplorées, effondrées et dévastées par la perte d’un fils, d’un cousin, d’un ami.

« Blood, Brothers & Kings »

Dans le même temps, un jeune boxeur afro-américain déclare, en parlant des nord-vietnamiens : « aucun d’entre eux ne m’a jamais traité de nègre, ne m’a jamais lynché, n’a jamais lâché de chiens sur moi, et ne m’a jamais volé mon identité ». Cassius Clay, devenu Mohamed Ali pointe la condition des noirs aux États-Unis, s’attribue un nouveau nom, encourage les afro-américains à être fiers de leur identité, et à prendre conscience de leur condition. Les termes « Blood », « Brother » et « King » (en référence à Martin Luther) font alors leur apparition. Les DAP, pour Dignity and Pride (poignées de mains spécifiques) se développent de plus en plus, pour marquer l’appartenance à une communauté en plein éveil. Plus tard, les bandes jusqu’alors opposées se réorganisent, minimisent leurs rivalités, et se réunissent sous une bannière, celle de la paix, de l’amour, et de l’unité… Nous sommes en 1973, c’est la naissance de la Zulu Nation insufflée par Afrika Baambata.

Quelques adolescents de Brooklyn bercés par les déclarations de Mohamed Ali et Martin Luther King se sont renommés, afin de se créer une identité propre. Puisqu’il s’agit de faire savoir qu’un changement de nom a été opéré, certains jeunes écrivent leur nouveau pseudonyme à l’arrière de leur blouson, ou sur leur ceinture, à la place de la boucle. La « Name-plate » voit son apparition. Très présents à Brooklyn, les caribéens influencés par la présence coloniale du Royaume-Uni apportent avec eux leur style vestimentaire. Ainsi, les marques anglaises telles que Kangol et Clarks se développent chez les jeunes de Brooklyn, et par extension, du Bronx, de Harlem, et du Queens. De fait, l’uniforme du B-boy fait doucement son apparition.

Le climat est relativement tranquille à Brooklyn, malgré les problèmes et les violences propres à tout environnement social désastreux. L’héroïne est déjà bien présente depuis le milieu des années 60. Mais un ennemi de taille vient prendre le relai et se propager comme un raz-de-marrée à la fin des années 70 : le crack.

« Redonner confiance à ses frères et ses soeurs »

L’héritage rassembleur diffusé par les icônes afro-américaines est anesthésié par la drogue chez certains, et par l’argent chez d’autres. Ainsi, les « Blood », « brothers » et « Kings », signes de fraternité, de respect et de reconnaissance des membres de la communauté afro-américaine, s’estompent peu-à-peu… Jamel Shabazz nous raconte avoir vu, au sein de ses amis proches :  « les femmes perdre leur dignité, les hommes devenir agressifs ». Certains de ses proches sombrent littéralement dans l’enfer de la drogue, d’autres deviennent aveuglés par les bénéfices financiers qu’ils peuvent tirer de ce commerce, quitte à distiller la mort chez leurs frères et soeurs d’hier.

Lors de la conférence, le photographe, diffusera la photographie d’une vingtaine de ses amis décédés, soit d’over-dose, soit parce qu’assassinés par des revendeurs concurrents. À ce moment précis, Jamel Shabazz tournera le dos à son audience, retirera ses lunettes et laissera échapper quelques larmes discrètes, le visage baissé. Ce n’est qu’après avoir repris son souffle qu’il exprimera verbalement son effondrement face à la tragédie dont il a été témoin. (Il nous révèlera entre autres, que la sortie du film Scarface, en 1984 a été une publicité terrible en faveur de la drogue et des bénéfices liés à son traffic… le mal s’est d’autant plus accentué)

Alors que le crack ravage la population des quartiers les plus modestes, le photographe décide de ne pas succomber à la fatalité et entreprend de redonner de la fierté et de la beauté aux habitants de son quartier. Ainsi, il arpente les rues de Brooklyn, à la recherche de visages, de dégaines et d’attitudes, flattant systématiquement ses sujets avec sincérité : « ma soeur, tu es belle, ton visage rayonne, laisse moi immortaliser ta beauté en te prenant en photo ». Jamel Shabazz donne, lorsque l’opportunité se présente, une copie de ses clichés à ses protagonistes. Le photographe expliquera avoir voulu redonner confiance à ses frères et ses soeurs moqués, rabaissés et diminués par les propos racistes d’une Amérique blanche.

Les poses des sujets de Jamel Shabazz peuvent faire penser à des « phases » (attitudes gestuelles) de B-boys, il n’en est rien. Le photographe nous expliquera que se dresser, de trois-quart, les bras croisés et la tête haute est un signe de dignité ré-appropriée, avant d’être une posture de smurf ou de break-dance.

 Les mains levées, touchant par l’index les deux côtés du crâne symbolisent la prise de conscience ; le savoir est une arme

« Beaucoup sont décédés, d’autres ont perdu leur dignité »

Si les sujets choisis par Jamel Shabazz lors de ses « reportages » à Brooklyn sont sincères, c’est que l’approche du photographe l’est tout autant. Il expliquera que dans ses deux premiers livres, la majorité des protagonistes sont des amis ou des connaissances de son quartier. « Beaucoup sont décédés, d’autres ont perdu leur dignité, laissant derrière eux une femme, des enfants ». Parmi eux, un jeune homme dont la seule photographie existante de son père à été réalisée par le photographe ; mais également cette femme, laissée veuve et mère d’un orphelin dont le mari s’est fait assassiné en tentant de braquer une « crack-house »…

Jusqu’à aujourd’hui, l’artiste ne se résigne toujours pas, malgré les tragédies qui ont ponctué sa vie, à abandonner les siens. Il continue de donner de l’amour, de distiller un message de paix autour de lui, et d’élever les consciences. Bien qu’il ait été consulté par la production du film American Gangster, avec Denzel Washington, afin de fournir du matériel photographique permettant des reconstitutions d’époque, Jamel déclina la proposition, estimant ne pas vouloir participer à la réalisation d’un film faisant l’apologie du commerce de la drogue.

Jamel Shabazz est une personnalité dans sa communauté, et même au-delà. Il entretien des relations étroites avec les habitants de son quartier, et tente de venir en aide aux plus jeunes en leur donnant des cours d’échec. Il estime que le jeux prépare l’esprit à affronter la vie, considérant que dans les deux cas, il faut faire preuve de sacrifice, de compromis, de prise de décision et de stratégie… une vision sur le long terme en somme… Il deviendra également professeur de photographie, enseignant à ses élèves les techniques photographique, en essayant de développer leur conscience sociale

Nous retiendrons de la conférence de Jamel Shabazz, une vision animée par des valeurs humanistes, malgré les moments terribles qu’il a connu. Le personnage est habité, passionné par son discours, parfois mélancolique, mais toujours optimiste.  Il s’agite et parle fort ! Il parle juste, il parle vrai… faisant varier les tonalités de son discours avec maestria. Derrière l’objectif comme sur scène, Jamel Shabazz est un prêcheur pour qui : « Love is the answer »!

** Publication originale : Alex de Watup TV **

Jamel Shabazz : Love is the answer


KWEST 2016 - PLAZA WALLS

En septembre 2016, à l’occasion du passage à Montréal de son ami El Mac, Kwest (Toronto) a fait un détour par la Plaza St-Hubert et nous a laissé une imposante pièce.

Présentée en collaboration avec Maître Carré, cette oeuvre graffiti illustre bien comment cet art contemporain peut, par une habile intégration architecturale, ajouter expression et dynamisme à l’environnement par l’art.

Kwest visited his friend El Mac and the usual Montreal suspects as he dropped this burner on the block, early fall 2016. Not your average street artist. A project presented in collaboration with Maître Carré.

Photos Andréanne Isabelle Poitras

À voir, check out: Kwest.tv, Maître Carré.


Les Murs de La Plaza - Plaza Walls

Les Murs de la Plaza – Plaza Walls 

Projet d’art public en cours d’exécution –  Ongoing public art project
Inauguré le 18 août 2016 à Montréal – Opened in Montreal on August 18th 2016
Secteur de la Plaza Saint-Hubert – Plaza Saint-Hubert district
De nouvelles photos, infos et mises à jours suivront – Stay tuned for updates
#MerciMontreal #ThankYouForYourBusinessAndSupport

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C’est à l’occasion de notre projet “Les murs de la Plaza”, que de nombreux artistes expriment talent et inspiration sur certains murs adjacents à la Plaza Saint-Hubert, dans l’arrondissement de Rosemont-La Petite Patrie à Montréal.

Cette initiative s’inscrit dans une démarche visant notamment à favoriser le développement du caractère culturel du quartier. La galerie estime que l’Art public favorise un quotidien agréable et des réflexions qui peuvent porter sur des thèmes sociaux ou historiques pertinents. Parfois, la simple recherche du beau ou d’une technique poussée peut améliorer l’expérience citoyenne.

Le projet aurait été impossible sans l’incroyable et généreuse participation des artistes et de l’équipe de soutien technique. Le généreux soutien de plusieurs citoyens et propriétaires d’immeubles doit aussi être souligné.

Ce projet n’est pas sans rappeler une décennie de conventions d’art graffiti organisées par des membres de l’équipe d’Artgang, de 2002 à 2011. Plusieurs artistes qui participaient alors étaient d’ailleurs autour de la Plaza cette année. Des artistes locaux et internationaux étaient à l’œuvre.

Rappelons que cette première édition des “Murs de la Plaza” est placée sous le signe de la participation et de l’effort collaboratif.

Notre équipe a fait appel à une dizaine de bénévoles pour aider à préparer et à assister les artistes durant la réalisation des murales. Des Montréalais aux profils différents, ayant un point commun : la passion pour les arts. Ils se sont réunis et ont contribué au bon déroulement de l’événement. Ainsi, les murs d’immeubles à proximité ont notamment été repeints au rouleau, afin de créer une couche de fond unie et ainsi faciliter le travail des artistes lors du tracé de leurs esquisses.

AG-benevoles - Les Murs de la Plaza

Remerciements spéciaux: Luigi, Catherine & toute l’équipe de soutien (Alex, Freddo, Mathieu, Sabrina, Marisela, Vincent, Zoe, Ariane, et ceux qu’on oublie), tous les artistes (123Klan, Axe, A’shop, Bacon, Benny Wilding, Five&Dre, Esprit, Fluke & Zeck, Hsix,  El Diablo & Tchug, Opire & le 203 crew, Her & Shaily Toons, Jean Labourdette, Miss Teri & le FT crew, Nima & David, Sentwo, DA & BUMS crews, Shok, Skor, Killa-Ef, Selek and the Puerto Rican crew, Sewk A.G,  Stare NME, Dask A.G. Jérome et tous ceux qu’on oublie), tous les généreux propriétaires de murs et contributeurs financiers, Mattieu et Les Amis de la Ruelle St-Valliers, les Rôtisseries Romados, Cafellini, les bonbons Oscar, le resto Montréal Plaza, tous ceux qui partagent l’info sur les réseaux, tous ceux qui appuient notre démarche, La Plaza St-Hubert, l’Arrondissement de Rosemont, La Ville de Montréal.

Photos et textes ci-bas par Alex Contri (Watuptv.com).

Publié le mercredi 31 août 2016.

Du papier au mur…

Ca y est, les artistes arrivent, le monde s’agite ! Tous se voient attribuer un mur pour exprimer leur talent. La première journée débute et les peintres s’en donnent à coeur joie. Le “book” dans une main, et la bombe dans l’autre, le transfert de leur esquisse sur le mur peut commencer.

Les passants s’arrêtent, intrigués par le bruit et l’odeur des bombes et prennent quelques photos pour immortaliser l’instant. Ainsi, Zek 156 et Fluke, peignant un long mur en face du métro Beaubien, se font tirer le portrait par des photographes amateurs, leur rapellant qu’ils apprécient les murales colorées mais pas les tags… L’un des deux artistes ne manquera pas de lui expliquer qu’il s’agit souvent des mêmes auteurs. L’intéraction avec le public commence, le concept fonctionne.

Plus loin, dans une ruelle située derrière la galerie Artgang, les promeneurs s’arrêtent, s’interrogent et s’émerveillent devant les murales et les installations impressionnantes permettant d’accéder à des hauteurs de plus de 20 pieds…

Et pour cause, l’artiste new-yorkais SEN2 Figueroa, membre du Tats Cru, réalise une immense murale, perché sur un SkyJack. Alternant peinture au rouleau, pochoirs, tracés à la bombe, l’artiste attire l’attention de tous.

Présent dans le cadre de son exposition “South Boogie” à la galerie Artgang, la légende du graffiti a réquisitionné Sabrina (professeur d’Art à Concordia, et bénévole pour l’occasion), pour l’aider à réaliser sa murale. Aux côtés de SEN2, la professeure devient à son tour élève, et c’est avec un plaisir non dissimulé que cette dernière contribue à la réalisation de la fresque.

Une véritable complicité se développe entre les deux artistes. Il n’est pas rare de les voir rire, échanger et se concerter pour mener à bien la peinture titanesque entreprise par SEN2.

De l’esthétique au message politique…

En parallèle, d’autres artistes montréalais se préparent à peindre. Alors que Benny Wilding entame son sketch derrière le restaurant Amir, AXE monte son échafaud. Ce dernier, esquisse sur papier en main, explique qu’il réalisera un personnage inspiré par les jeux Olympiques, afin de sortir du style conventionnel du lettrage et ainsi, toucher un plus large public.

Autre demarche singulière de l’événement : la peinture entreprise par Jean Labourdette a.k.a Turf One. L’artiste entame la réalisation d’une tête de chien montée sur un corps d’homme. À travers sa peinture, l’artiste entend exprimer son mécontentement face à la législation visant à interdire certaines races de chiens jugées agressives, dans les rues de Montréal.

“Je tente de dire aux gens d’ici de se réveiller, et au monde : de regarder ce qui se passe ici à Montréal”.

L’artiste Opire203 opte quant-à-lui, pour la réalisation d’une peinture écologiquement engagée. Un écureuil, aggripé à un arbre coupé de part et d’autre, observe, impuissant les dégâts causés par l’Homme sur la nature. Des objets dérivés du bois jonchent ainsi le sol, laissant l’animal dans un posture délicate et dans une perspective incertaine pour la suite.

De l’art et du cochon… poulet !

L’événement “Les murs de la Plaza” a connu un réel succès, tant auprès des artistes présents, qu’auprès de la population de l’Arrondissement. Le bilan est sans appel : il faut réitérer le projet l’année prochaine.

Malgré une dernière journée de peinture pluvieuse, les artistes ont pu finir leurs créations dans les temps. Les murs, jusqu’alors gris ou recouverts de tags, regorgent désormais de couleurs vives et de peintures travaillées. Flo, une habitante de Rosemont est touchée et enchantée par les murales des artistes :

“les peintures ont égayé les murs, et donné une dimension artistique à l’arrondissement”.

Afin de célébrer la clôture de ce jam, mais également pour annoncer le vernissage de Sen2, la soirée proposée le dimanche 21 août est un succès. Un succès pluvieux mais un grand succès. Au programme : Tableaux, DJ set de Chuck Pham, cocktails de Pierre Gadouas et généreuses assiettes du restaurant Romados.

La majorité des artistes ayant participé aux murales est présente, et ce, malgré la pluie battante. Tous se sont déplacés pour découvrir les dernières creations de SEN2.

Ses peintures, toujours riches en couleurs, font tantôt référence à Roy Lichenstein, dans le traitement graphique de la couche de fond, tantôt référence à certains lettrages ou visuels empruntés à la bande-dessinée américaine des années 70.

Mais une chose est sûre, le graffiti est présent dans chacune des toiles de SenTwo. Qu’il s’agisse de coulures si spécifiques au travail à la bombe ou à la signature du peintre représentée sous forme de tag, les références au street-art sont évidentes et traduisent clairement l’influence et les techniques principales de l’artiste.

La combinaison des “Murs de la Plaza” et du vernissage aura été une réussite, le pari est remporté!


ICI MONTRÉAL Vol. 1 : l'histoire du street art et graffiti à Montréal

La dissémination d’images de graffiti québecois a pris plusieurs formes au cours des années, passant des boîtes de photos analogues aux comptes Instagram. Durant les années 2000, les forums ont joué un rôle important dans le partage d’images. Étant donné la disparité des collections d’images, nous tentons présentement de les aggréger en un même endroit à fin d’archive. Vous trouverez ci-bas une sélection de nos trouvailles.

Ces images proviennent parfois de nos collections personnelles ou ont souvent été right-clickées en ligne. Elles sont publiées ici strictement pour documentation et en but de fair use. Les droits liés de propriété intellectuelle appartiennent strictement aux artistes et aux photographes et elles ne peuvent aucunement faire l’objet d’utilisation autre sans autorisation écrite. Nous invitions les photographes et artistes à nous soumettre des photos et des précisions sur les artistes ou photographes impliqués.


Street photography of the day: Caerus.exe

Hi! My name is Michael Nguyen. I’m a 20-year-old photographer born and raised in Montreal.

How did you end up being a photographer?

In college, we had a course called Computer Arts, which basically taught us the basics of Photoshop, Illustrator, and InDesign. I really got into Photoshop because I wanted to edit pictures nicely so that my Facebook timeline would look better (sounds lame I know). From then on, I started watching a lot of YouTube tutorials to get better at editing and that’s basically how I started doing digital art. I’d stay at school until midnight editing just because it was fun and really accessible. You have the whole Internet for images to use and you don’t need many tools to expertise as opposed to traditional ”visual art”.

It was around that time, in 2014, that I picked up on Instagram. The app fueled my passion because there’s an audience that could appreciate my work and the feedback is almost immediate. I quickly decided I could go to the next step and use my own photos instead of others’ for my work. That’s when I got into photography, approximately 8 months ago. It was a whole new discovery for me and there is so much to learn. Photography has become my true passion and I can only hope that one day I will be able to make a living out of it and travel across the globe.

Your opinion about the photography opportunities and connections in Montreal?

The street photography side of Montreal is relatively new. I’d say I’m part of the first wave of street photographers and as such, I think we have the responsibility of inspiring new photographers and showing Montrealers a different perspective of the city. I think Montreal is great for photography because there’s everything from modern to old architecture but also nature. There aren’t as many street photographers in the scene as in the in like of  Toronto’s, so it’s the perfect time to make a name for yourself. I like to shoot a lot of modern architecture and I personally think there’s not enough it in Montreal, but you learn to adapt your style to what you have.

Any protip?

Two great things to shoot when in Montreal: events and fashion. Everyone knows that when it comes to festivals, nightlife or any gatherings, Montreal is the city to beat. And I’m not really a fashion guy myself but I love shooting fashion. There are a lot of entrepreneurs either starting their own brand or rebranding in Montreal.


TURF1 x SPCA x ARTGANG COLLABO

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Fundraising campaign initiated by artist Turf1 

We are proud to launch two limited edition products in collaboration with artist Turf1 to contribute & raise funds for the SPCA in opposition to the current legislative plan to institute a ban on certain dog breeds starting September 1st 2016.

1. Limited edition T-Shirt, now available in pre-order… Please click here for all info

2. Limited edition print, available on Monday August 1st at noon EDT… Click here for all info.

Please visit www.saferkindercommunities.com to find out more on how to help.

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Campagne de levée de fonds initiée par l’artiste Turf1

Nous sommes fiers de lancer deux items à tirage limité en collaboration avec l’artiste Turf1, en collaboration et pour lever des fonds pour la SPCA, en opposition aux nouvelles lois visant des espèces particulières de chien, devant entrer en vigueur en septembre.

1. T-Shirt en édition limitée, disponible maintenant en précommande… SVP voir toute l’info ici

2. Affiche à tirage limité, disponible le lundi 1er août à midi HAE… voir les infos ici.

Pour autres possibilités de contribution,  svp visiter le www.entoutesecurite.com

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“Chers Montréalais et Montréalaises,

Le samedi 18 juin, la SPCA de Montréal a appris, en même temps que les autres millions d’amoureux d’animaux montréalais, le plan de la ville d’adopter une législation visant des races particulières de chiens, laquelle débuterait en septembre.

Nous voulons que nos donateurs, nos supporteurs ainsi que tous les amoureux des animaux à Montréal sachent que la SPCA de Montréal n’acceptera pas cette décision, va se battre sans relâche et va tout mettre en place pour remplacer cette législation par un règlement juste, efficace et non discriminatoire.

Les législations visant des races particulières de chiens ne fonctionnent tout simplement pas. Il s’agit d’une réaction impulsive à un problème qui est beaucoup plus profond : la gestion des chiens agressifs. D’autres villes à travers l’Amérique du Nord en sont venues à la conclusion que ces interdictions visant des races particulières sont : injustes, coûteuses, inapplicables, et plus important encore, inefficaces pour réduire les morsures de chiens.

La SPCA de Montréal va fournir des ressources financières et légales pour livrer ce que les citoyens de Montréal méritent : une réglementation efficace pour traiter le problème de fond des agressions de chiens. Nous ne pouvons pas nous permettent que des animaux souffrent ou meurent au nom d’un plan qui s’est déjà révélé inefficace – aucun animal ne mérite cela.”

– Nicholas Gilman, Directeur général SPCA

*

“Ayant moi-même été propriétaire d’un Staffordshire Bull Terrier et d’un Pitbull qui ont été des chiens exemplaires, d’une gentillesse sans faille et d’une fiabilité totale, je m’oppose de façon absolue à une loi raciste et injuste qui impliquera la mort de milliers de chiens innocents et le déchirement de tant de foyers sous le seul prétexte d’une apparence physique “démonisée” par les médias et les opportunismes politiques.

J’appuie donc au coté de Artgang la position de la SPCA de Montréal et soutient son combat contre le plan de la ville d’adopter une législation visant des races particulières de chiens, laquelle débuterait en septembre 2016. 

Il existe des chiens extraordinaires et équilibrés de toutes les tailles et races, nous refusons l’euthanasie et les drames humains qu’impliqueraient le bannissement du Pitbull ou toute autres races de chiens.

Je vous remercie du fond du coeur de nous appuyer dans cette lutte.”

-Jean Labourdette, au coté de Artgang et en soutien a la SPCA de Montréal.

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“Artgang est fier d’appuyer l’artiste Turf1 dans sa démarche tendant à dénoncer l’adoption imminente de législations visant des races particulières de chiens. Cette position est partagée par l’ordre des médecins vétérinaires du Québec et notre démarche cherche notamment à contribuer au financement des activités de la Société de Prévention de la Cruauté contre les Animaux sur cet axe.

Un consensus scientifique parait s’imposer contre l’adoption de telles mesures.

Nous considérons que les chiens dangereux posent un problème critique auquel de nouvelles mesures notamment plus dissuasives paraissent nécessaires.

Nous estimons cependant qu’il s’agit d’un enjeu de responsabilisation. Nous profitons des présentes pour nous interroger sur les dangers liés à des prises de position rapides et politiques. Les questions de sécurité publique sont souvent complexes et épineuses. Tenter d’y trouver des solutions rapidement et réactivement tend à développer, sinon multiplier, des problèmes autres, ce qui nous apparait un très lourd prix à payer pour une opportunité politique.”

-Louis-Nicholas Coupal, Artgang Montréal

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Extraits, références & liens utiles:

Position de l’Ordre des Medecins Veterinaires du Quebec :

Positions de l’Ordre

Position sur le « bannissement » de certains types ou races de chiens

Considérant que l’environnement dans lequel évolue le chien et les conditionnements qu’il subit jouent un rôle crucial dans le comportement qu’il peut adopter sans égard au type ou à la race;

Considérant que le choix des animaux reproducteurs effectué par un éleveur ou des individus peut favoriser la sélection de traits de caractères agressifs;

Considérant que pour un chien mordeur ou agressif la socialisation et l’éducation sont souvent déficientes et contribuent à exprimer l’agressivité;

Considérant que nombre de municipalités ont décidé de bannir certains types de chiens compte tenu des inquiétudes soulevées par leurs citoyens;

Considérant qu’il est souvent difficile, voire hasardeux, de déterminer avec certitude le type ou la race d’un chien;

Considérant que bon nombre d’éleveurs et de propriétaires, responsables et respectueux, sont pénalisés par le bannissement de certains types ou races de chien;

L’Ordre des médecins vétérinaires du Québec est d’avis que l’agressivité que démontrent certains types ou races de chiens envers les humains ou les autres animaux est largement imputable aux méthodes utilisées lors de la sélection génétique, de la socialisation, du dressage, du conditionnement et de l’environnement dans lequel sont élevés ou gardés ces animaux;

Ainsi, l’Ordre affirme qu’il est inutile de bannir quelques types ou races de chiens que ce soit et invite plutôt les municipalités à cesser de recourir aux règlements bannissant certains types ou races de chiens et, s’il y a lieu, de modifier ceux déjà pris en ce sens;

L’Ordre des médecins du Québec demande aux municipalités d’adopter des règlements qui serviront davantage à contrôler les animaux mordeurs, sans égard au type ni à la race de chien, dans le but d’offrir une protection à leurs citoyens contre les chiens mordeurs ou dangereux.

ADDENDA

Afin d’appuyer la présente position, l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec encourage les municipalités à développer des outils servant à la responsabilisation et l’éducation des éleveurs et des propriétaires de chiens. Du matériel d’éducation et de sensibilisation devrait également être offert à la population, afin de prévenir les morsures de chiens.

Date d’adoption : 16 juin 2016

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http://blogues.lapresse.ca/sciences/2016/06/13/pitbulls-la-fausse-solution/

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http://www.jeanlessard.com/uncategorized/pourquoi-les-pit-bulls/

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http://www.spca.com/?p=12955&lang=fr

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http://montreal.ctvnews.ca/mobile/video?clipId=896199

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English:

Having been the owner of a Staffordshire bull terrier and a pitbull myself, both of which were exemplary dogs with great kindness and reliability, I am absolutely opposed to a racist and unjust law which will lead to the deaths of thousands of innocent dogs and the tearing apart of countless homes on the sole pretense of a physical appearance that is “demonized” by media and opportunistic politics.

Alongside Artgang, I support the Montreal SPCA’s position and support its fight against the city’s plan to adopt legislation aimed at specific dog races which would begin in September  2016.

Many exemplary and well-balanced dogs exist of all races and sizes, we refuse the euthanasia and human tragedy that would bring about a ban on pitbulls or of any other breed.

I thank you from the bottom of my heart for your support in this fight.

-Jean Labourdette, alongside Artgang and in support of the SPCA of Montréal.

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Artgang is proud to support artist Turf1 in his effort to denounce the imminent adoption of legislature aimed at specific dog breeds. This stance is shared by the Québec veterinary medical order and our undertaking aims to aid the financing of the Society for the Prevention of Cruelty to Animals’ activities in this matter.

A scientific consensus seems to impose itself against the adoption of such measures. 

We consider that dangerous dogs pose a critical problem for which new, more dissuasive measures seem necessary.

We believe however that it is a matter of accountability. We are using this opportunity to question the dangers of rapid positioning in regards to policies. Matters of public safety and well-being are often complex and thorny. To take rapid and reactive positions tends to develop or exacerbate problems, which to us seems a steep price to pay in the name of political opportunity. 

-Louis-Nicholas Coupal, Artgang Montréal

 

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References and more:

The American Veterinary Society of Animal Behavior invites you to share this position statement on breed-specific legislation to discount common fallacies of “easy fixes” that are often based on myths, and instead promote awareness that will reduce the prevalence of aggression toward people and promote better care, understanding, and welfare of our canine companions.

http://avsabonline.org/uploads/position_statements/Breed-Specific_Legislation-download-_8-18-14.pdf

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http://montreal.ctvnews.ca/mobile/video?clipId=896199

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http://www.jeanlessard.com/uncategorized/pourquoi-les-pit-bulls/

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http://www.spca.com/?p=12955&lang=fr

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http://montreal.ctvnews.ca/mobile/video?clipId=896199

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http://blogues.lapresse.ca/sciences/2016/06/13/pitbulls-la-fausse-solution/