Tirant son inspiration de l’univers visuel de la géométrie, Augustine Kofie s’est créé une esthétique rétro-futuriste qui unit l’expressif et l’organique à un formalisme mathématique et angulaire. Unifiant son éducation graffiti traditionnelle avec son penchant pour certaines formes de couleurs et certaines techniques d’application, son amour profond de l’illustration et du dessin technique et architectural, Kofie fait de la forme et de la ligne un jeu où il entremêle ligne, forme, équilibre et profondeur.

Ayant grandi à Los Angeles, l’instinct du dessin de Kofie a été cultivé par la créativité de sa mère. Tandis qu’elle étudiait en beaux arts à UCLA, Kofie se servait des matériaux qu’il trouvait chez lui pour mener ses propres expérimentations. Rendu au secondaire, il avait déjà acquis une certaine maîtrise du médium. Bien que son éducation formelle en art ne s’est pas poursuivie passé le secondaire, sa véritable formation s’est effectuée par le biais du monde du graffiti, s’ayant fait un nom dans la scène de Los Angeles dès les années 1990. Ayant développé son sens des couleurs, des couches, de la perspective et de la composition à travers le graffiti, il y développe non seulement ses fondations techniques mais aussi son amour de la construction et de la forme. C’est en développant ses wildstyles que Kofie allonge ses lettres et les reconstruit, leur apportant une variété de perspectives. À travers cet exercice, il comprend les bases architecturales de l’écriture, lui permettant de se concentrer sur l’aspect linéaire plutôt qu’alphabétique de son travail.

Il développe son esthétique jusqu’au point de l’abstraction en se servant des carrés, triangles et cercles de notre univers structurel. Son désir incessant d’expérimenter et d’explorer son milieu visuel le forcent à constamment réévaluer son état d’esprit, chaque oeuvre lui servant à trouver une solution géométrique à un problème graphique. En intégrant son âme à son travail, Kofie a ainsi formé un style de muralisme fortement enchevauché, ocré et dynamique. Il tente à travers sa pratique d’évoquer le dieu romain Janus qui observe à la fois l’avenir et le passé.